Conférence de Sir John Gurdon, prix Nobel de physiologie ou médecine 2012

"Epigenetic modifications, memory, and transcription factors" : c'est le titre de l'intervention que prononcera Sir John Gurdon le 29 juin prochain à 14h30 au Diapason (Campus de Beaulieu, Rennes) dans le cadre du tout premier colloque European Amphibian Club, organisé par l'Institut de génétique et développement de Rennes, le Centre de ressources biologiques Xénopes et l'Institut Curie.

Sir John Gurdon - Photomontage (sources : http://www.libertaddigital.com/ et Gurdon Institute)

Quand une cellule intestinale donne naissance à un nouvel embryon

John Gurdon a reçu le prix Nobel pour avoir découvert que, si l'on remplace le noyau d'un embryon, juste après la fécondation, par un noyau de cellule somatique - c’est à dire n'importe quelle cellule de l'organisme sauf les gamètes ou cellules sexuelles - l'embryon peut se développer et donner un adulte viable et fécond. Cette expérience a été réalisée sur des xénopes (crapauds d'origine africaine).

À la fin des années 50, la communauté scientifique pensait que, lors du développement d'un organisme, les noyaux des cellules se "simplifiaient" petit à petit en éliminant des portions inutiles différentes dans chaque cellule. Par exemple, un noyau de cellule de foie aurait éliminé tout ce qui ne sert pas dans le développement du foie.

Or, John Gurdon a montré que lorsqu’un noyau de cellule intestinale est inséré dans un tout jeune embryon, ce noyau est compatible avec un développement embryonnaire complet. C’est à dire que ce noyau contient tout ce qu'il faut pour permettre de faire, non seulement de l'intestin, mais aussi n'importe quelle autre cellule. Le développement embryonnaire ne s'accompagne donc pas d'une élimination des fragments inutiles. Ces fragments inutiles sont plutôt rendus "silencieux" par des mécanismes que la communauté scientifique cherche toujours à comprendre.

Traduction par la Dircom UR1 d'un schéma présenté dans la vidéo "Meet John Gurdon" par le Gurdon Institute (https://www.youtube.com/watch?v=5wxd5UREROI)

Courte biographie

Membre du département de zoologie de l'Université de Cambridge, Sir John Gurdon, biologiste moléculaire britannique, est corécipiendaire du prix Nobel de physiologie ou médecine 2012 avec Shinya Yamanaka. Ils ont été récompensés pour leurs travaux sur la transformation des cellules adultes en cellules souches susceptibles de régénérer tous les tissus de l'organisme.

John Gurdon est né en Angleterre en 1933.  Il étudie la zoologie et poursuit, en 1960, un doctorat consacré à la transplantation nucléaire sur des xenopes (modèle de grenouille communément utiliser en recherche), à Oxford, sous la direction de Michael Fischberg. Ensuite, postdoctorant à Caltech (California Institute of Technology - Californie, USA), il fait des recherches dans le domaine de la génétique avant de retourner dans son pays natal. Il devient enseignant-chercheur à Oxford puis à Cambridge où il a fait l'essentiel de sa carrière portant sur la reprogrammation nucléaire et la différenciation cellulaire. En 2004, l’imposant institut Wellcome Trust/Cancer Research UK Institute for Cell Biology and Cancer est renommé the Gurdon Institute en son honneur. C’est en 2012 qu’il obtient le prix Nobel de physiologie ou médecine avec Shinya Yamanaka.

Informations pratiques

Conférence "Epigenetic modifications, memory, and transcription factors: nuclear transfer in Xenopus may still have contributions to make", par Sir John Gurdon
Jeudi 29 juin 2017
14h30 - Le Diapason (Campus de Beaulieu, Université de Rennes 1)
Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles
Intervention en anglais non surtitré

En savoir plus 

Article originellement paru sur le site de l'Université de Rennes 1, le 28 juin 2017

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