Publication dans Nature Communications : Reconnaissance du substrat et structure cryo-EM de la toxine TAC liée au ribosome de Mycobacterium tuberculosis.

Publication dans la revue Nature Communications : Substrate recognition and cryo-EM structure of the ribosome-bound TAC toxin of Mycobacterium tuberculosis Moise Mansour*, Emmanuel Giudice*, Xibing Xu, Hatice Akarsu, Patricia Bordes, Valérie Guillet, Donna-Joe Bigot, Nawel Slama, Gaetano D’urso, Sophie Chat, Peter Redder, Laurent Falquet, Lionel Mourey, Reynald Gillet ✉ & Pierre Genevaux ✉, Nat Commun. 2022 Mai 12. doi: 10.1038/s41467-022-30373-w 


 

La virulence du bacille de la tuberculose, Mycobacterium tuberculosis, réside principalement dans sa faculté à s’adapter aux nombreux stress qu’il rencontre au cours de son cycle infectieux, en particulier en entrant dans un état de persistance. Cet état permet à la bactérie de survivre chez l’hôte sans causer de maladie et ce jusqu’à ce que les conditions deviennent plus favorables à son développement, par exemple lorsque le système immunitaire de l’hôte s’affaiblit. Mycobacterium tuberculosis a par ailleurs la particularité de posséder un nombre très important de systèmes TA (plus de 80), qui pourraient participer à l’établissement de la phase de persistance chez cette bactérie.

Les travaux coordonnés par des équipes de l’Institut de Génétique et Développement de Rennes et du Centre de biologie intégrative de Toulouse, en collaboration avec l’Institut de Pharmacologie et de Biologie Structurale de Toulouse et l’Université of Fribourg en Suisse ont montré que la toxine TAC de Mycobacterium tuberculosis reconnait et clive un motif particulier de l’ARN messager (ARNm) alors même qu’il est traduit par le ribosome. La toxine bloque ainsi la synthèse protéique et inhibe la croissance du bacille. Grâce à la cryo-microscopie électronique les chercheurs ont également pu observer pour la première fois la toxine en interaction avec le ribosome, un ARNt et un ARNm natif ciblé par cette toxine (Figure). Cette structure montre comment la toxine entre dans le ribosome et s’appuie sur l’ARNt déjà présent pour reconnaître et cliver l’ARNm.

Cette étude a permis de mettre en lumière le mécanisme aboutissant à l’inhibition de la croissance du bacille de la tuberculose par une toxine. Cette compréhension très détaillée aidera les chercheurs dans l’élaboration de potentielles applications thérapeutiques par exemple dans l’activation contrôlée de cette toxine dans le traitement de la tuberculose.

 


11/05/2022