Recherche contre le cancer : un dérivé médicamenteux pour freiner la division cellulaire

Le blocage de la prolifération des cellules cancéreuses est une cible prioritaire dans la lutte contre le cancer. Des scientifiques rennais, en association avec des collègues italiens, ont montré qu'une nouvelle molécule dérivée des benzodiazépines pouvait ralentir la croissance des microtubules indispensables à la division cellulaire. Cet effet, réversible, a été observé sur des cellules humaines et d'insecte et a donné lieu à un article publié dans la revue Journal of Cell Science (6 avril 2020).

Coup d'arrêt à la division cellulaire

Lors de sa division, la cellule doit réorganiser son cytosquelette, composé de microtubules pour former une structure appelée fuseau mitotique. Celui-ci permet la répartition fidèle du matériel génétique (les chromosomes) entre les deux futures cellules filles.

Une dégradation de ce fuseau provoque un blocage de la division cellulaire. Ce processus constitue donc une cible de choix dans la recherche contre le cancer visant à développer de nouvelles approches thérapeutiques.

Des scientifiques de l'IGDR ont montré avec des collègues italiens le potentiel antiprolifératif d’une nouvelle molécule, dérivée des benzodiazépines et baptisée « 1g ». Après avoir exposé in vitro des cellules humaines vivantes à cette molécule, les chercheurs ont réalisé une série d'observations par imagerie, grâce à la plateforme MRic Photonics de Biosit.

Ils ont ainsi pu décrire et caractériser le blocage de la division cellulaire par le "1g" : celui-ci produit une altération réversible de l'assemblage du faisceau mitotique et de l'attachement des chromosomes. La molécule ralentit d'un quart en moyenne la vitesse de croissance des microtubules sans interagir directement avec la tubuline, la protéine qui les constitue. De façon intéressante, l'effet du "1g" est également observable sur des cellules d'insecte (mouche drosophile).

Référence

A novel benzodiazepine derivative that suppresses microtubule dynamics and impairs mitotic progression
Vittoria Pirani, Mathieu Métivier, Emmanuel Gallaud, Alexandre Thomas, Siou Ku, Denis Chretien, Roberta Ettari, Regis Giet, Lorenzo Corsi, Christelle Benaud
Journal of Cell Science 2020 133: jcs239244 doi:10.1242/jcs.239244

Ces travaux ont reçu le soutien du programme Erasmus+, de La Ligue contre le cancer (Grand Ouest-Bretagne), de l'Agence nationale de la recherche, de la Fondazione di Vignola, de la Région Bretagne, de la Fondation pour la recherche médicale et de la Ligue et Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

 

[Cet article est une adaptation légère d'une présentation rédigée par C. Benaud de l'Equipe de Régis Giet.]

 

Source originale : Actualité publiée sur le site de l'Université de Rennes1